
DÉMARCHE ARTISTIQUE
Véronique Bourlon envisage la photographie et le cinéma expérimental comme un lieu d’expérience de soi : faire place à ce qui appelle, suivre une sensation, laisser l’image faire son travail. Un champ s’ouvre, dans un glissement. Le regard se décale, les contours vacillent. L’émotion circule, sans se laisser réduire à des mots. Son geste consiste à laisser advenir une forme, avec une attention aux failles, aux seuils, à ce qui se dérobe.
Longtemps, cette attention s’est déposée dans le végétal, le minéral, des textures travaillées par l’éclat, la transparence et la fluidité : des formes souvent non identifiables, ouvertes, qui laissent au spectateur le temps d’entrer dans ces paysages mentaux. Aujourd’hui, elle s’inscrit dans un réel plus frontal : la famille, une « géographie » intime de places, d’affects et de règles tacites.
En parallèle, ses films d’artiste, ancrés dans le cinéma expérimental, prolongent la photographie : l’image prend le temps. Elle se monte, se dilate, se stratifie ; elle respire, parfois s’efface dans le noir, puis revient autrement. L’image, la durée et le son laissent monter une charge plus sensuelle, parfois érotique. Le film déplace l’expérience, sans rompre le fil du regard.
Photographies et cinéma expérimental se rejoignent dans ce point de tension : au plus près du réel, Véronique Bourlon accueille le trouble ; l’étrange s’y glisse, à bas bruit.
BIOGRAPHIE
Véronique Bourlon est une artiste visuelle. Elle vit et travaille à Paris. Après un parcours dans le théâtre (jeu, dramaturgie, mise en scène) et la direction de projets culturels, elle développe depuis 2020 une écriture visuelle qui articule photographie et film.
Sa première série, Les fleurs du mal (2020), propose des photographies de fleurs cadrées au plus serré, comme traquées, où l’organique se charge d’ambivalence et d’émotions troubles. Remarquée par 9 Lives magazine, la série donne lieu à un livre aux Éditions du Bec en l’air, puis à une première présentation à la New Galerie (Paris, 2020) et à une exposition au Salon dans la cour (Paris, 2021). En 2021, elle développe Zone tropicale et En ton absence, deux séries de recherche qui prolongent le motif floral comme terrain d’écriture au service de l’intime.
En 2022, elle réalise Lose yourself with me, son premier film expérimental. Entièrement composé à partir de ses propres photographies — devenues matière vivante par surimpressions, enchevêtrements et métamorphoses — le film s’appuie sur une bande sonore organique et immersive, construisant un arc émotionnel et sensuel, traversé par le plaisir au féminin. Le film est projeté en 2022 au festival Côté court (Pantin) et au Festival du Regard (Cergy-Pontoise), puis en 2023 au Festival international de films de femmes (Créteil) et à la Cinémathèque française (Paris). Il poursuit ensuite son parcours en festivals et lieux d’art, et est montré aux Rencontres d’Arles (Off) en 2025.
Elle développe parallèlement la série Songes d’une nuit d’été (2023) et reçoit en 2024 le Prix MPB & On Stage Photography pour ce travail. La même année, elle crée Extases, une installation conçue pour les Promenades photographiques de Blois, au Pavillon Anne de Bretagne : une tentative de recomposer un « pavillon végétal » à partir de ses photographies, de sons et d’images en mouvement, en dialogue avec l’histoire énigmatique de ce lieu. Elle réalise également Le baiser (2024), film d’artiste centré sur le trouble du désir entre femmes. Le film mise sur l’immersion, l’ellipse, un jeu d’apparition et de disparition : les corps y demeurent absents, et l’image se construit dans une attente du visible, constamment différée. Le baiser connaît ses premières diffusions en 2025 : Rencontres Internationales Traverse (Toulouse) ; CineAutopsia (Bogotá, Colombie) ; Paris Independent Film Festival (Paris).
En janvier 2026, elle présente les premières images de Mes parents ou l’innocence queer lors de l’exposition collective Aire de famille, dans son atelier partagé à Paris. Ce premier volet inaugure un cycle au long cours où elle poursuit sa recherche du trouble et de l’étrangeté au plus près des siens.
PROJECTIONS
Le baiser
> Paris Independent Film Festival, Paris, 2025
> Festival de Cine Experimental de Bogotà CineAutopsia, Colombie, 2025
> Rencontres Internationales Traverse, Toulouse, 2025
Lose yourself with me
> On Stage Photography, Rencontres d'Arles, 2025
> Promenades photographiques, Blois, 2024
> Rencontres Internationales Traverse, Toulouse, 2024
> Cinémathèque française, Paris, 2023
> Festival international de films de femmes, Créteil, 2023
> Festival du regard, Cergy-Pontoise, 2022
> Soirée Bloom, Montpellier, 2022
> Festival Côté court, Pantin, 2022
> The Holy Art Gallery, Londres, 2022
> Festival Les Nuits photo, Paris, 2022
EXPOSITIONS
* exposition collective
Aire de famille I Mes parents ou l'innocence queer *
> Les Magasins généraux, Paris, 2026
De Moi à Soi [Autoportrait] *
> Le Pangolin, Marseille, 2024
Songes d'une nuit d'été
> On Stage Photography, Rencontres d'Arles, 2025 *
> Promenades photographiques, Blois, 2024
Les fleurs du mal
> Le Salon dans la cour, Paris, 2021
> New Galerie, Paris, 2020 *
INSTALLATION
Extases
> Promenades photographiques, Blois, 2024
PRIX
Songes d'une nuit d'été
> Prix MPB & ON STAGE PHOTOGRAPHY, Arles, 2024
ÉDITION
> Les fleurs du mal, Le Bec en l'air, 2020 (édition hors commerce)
LA PRESSE EN PARLE...
> Carte blanche à Marion Scemama : Véronique Bourlon, naissance d’un geste photographique
9 Lives magazine, 2020
A retrouver ici.